Chaires
Les chaires de recherche permettent à l’Institut Henri Fayol d’articuler ses activités scientifiques avec des partenariats académiques et industriels de haut niveau. Elles visent à renforcer à la fois l’excellence académique et l’innovation, en associant recherche avancée et formation.
Depuis 2011, l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) propose également un dispositif de chaires industrielles, conçu pour consolider la compétitivité des entreprises françaises. Ce programme repose sur trois piliers :
- la mise en place d’une formation par la recherche d’excellence dans des domaines stratégiques ;
- la mobilisation du savoir-faire d’enseignants-chercheurs de renom ;
- et la co-construction de la stratégie de recherche avec les entreprises partenaires, dans une logique de transfert et d’innovation.
Ateliers thématiques multidisciplinaires
Depuis 2022, l’Institut Henri Fayol organise des ateliers thématiques multidisciplinaires pour mobiliser les expertises de ses quatre départements autour de problématiques transversales. Deux premiers ateliers ont été menés entre 2022 et 2024, l’un sur la création d’un jumeau numérique de bâtiment (DataBat), l’autre sur la sobriété numérique (BENUR). Un troisième atelier, consacré à l’économie circulaire et à l’innovation, a débuté en 2025.
Contexte
La mise en place d’un jumeau numérique de bâtiment ouvre un large éventail de problématiques, tant pratiques que scientifiques. Pour les propriétaires, bailleurs ou locataires, il permet de mieux comprendre le comportement thermique du bâtiment dans une logique d’efficacité énergétique. Sur le plan académique, il constitue un terrain d’exploration pour des thématiques telles que l’innovation low-tech, la modélisation statistique, l’analyse d’images, l’apprentissage automatique, la cybersécurité, le respect de la vie privée, l’interopérabilité des données et des systèmes, ou encore la gestion distribuée des équipements.
Le projet DataBat consiste à développer une plateforme de visualisation interactive intégrant le modèle IFC (Industry Foundation Classes), un standard orienté objet pour la modélisation de bâtiments. L’interface web affiche à la fois des données historiques et en temps réel issues des capteurs déployés dans le bâtiment (température, humidité, etc.). Via une interface d’administration, l’utilisateur peut également piloter certains équipements, comme le chauffage.
Un prototype du jumeau numérique du bâtiment de l’Institut Henri Fayol, premier site d’expérimentation, est actuellement en cours de développement et accessible via une interface web.
Mise en œuvre
Les développements réalisés dans le cadre de l’atelier DataBat sont déployés sur la Plateforme Territoire, infrastructure expérimentale de l’Institut Henri Fayol dédiée aux projets interdisciplinaires.
Références et publications
Projet ANR CosWot
Applications intelligentes et décentralisées sur des objets contraints utilisant les technologies du Web sémantique pour les bâtiments intelligents et l’agriculture durable.
Site web
Hackaton de printemps 2021
Un projet de jumeau numérique pour un bâtiment du campus de Saint-Étienne, Espace Fauriel pour la plateforme Territoire.
Article, news.
Sébastien Natchez, IMT – MINES Saint-Étienne – Institut Henri Fayol – LIMOS UMR 6158
Modélisation Thermique du Bâtiment Fauriel.
Arun Raveendran Nair Sheela M1 – CPS2 Studen
Digital Twin of a Smart Building
Deng, Menassa et Kamat (2021)
Les niveaux de maturité des jumeaux numériques du bâtiment.
Thèse préparée par Zehor Thilleli Hounas
Une approche hybride de modélisation sémantique et de co-simulation pour une meilleure prise en compte des phénomènes physiques dans un bâtiment intelligent.









Vers une intelligence artificielle plus raisonnée
L’intelligence artificielle (IA) a connu ces dernières années un essor sans précédent, tant sur les plans scientifique qu’économique et politique. Portée par une stratégie nationale ambitieuse — représentant un investissement de 1,5 milliard d’euros sur cinq ans —, la recherche et les entreprises se mobilisent pour faire émerger de nouveaux usages, dans une dynamique d’innovation et de compétitivité.
Cet engouement s’explique en grande partie par les avancées récentes en apprentissage automatique (machine learning), rendues possibles grâce au développement des technologies numériques et à la disponibilité massive de données. L’IA suscite de nombreux espoirs, notamment en matière d’optimisation des processus et d’amélioration des conditions de vie.
Cependant, cet essor soulève des questions environnementales majeures. Le déploiement des technologies d’IA nécessite d’importantes infrastructures de calcul et de collecte de données, dont l’empreinte carbone est loin d’être négligeable. Si certains avancent que l’IA peut contribuer à améliorer l’efficacité énergétique, elle pourrait également générer des effets rebond, comme cela a été observé dans d’autres secteurs : les gains d’efficacité peuvent entraîner une augmentation des usages et donc, paradoxalement, des impacts accrus.
Dans ce contexte, il devient essentiel de quantifier rigoureusement l’impact environnemental de l’IA, et de produire des analyses permettant d’orienter son développement vers des usages plus sobres et maîtrisés. L’objectif : encourager une intelligence artificielle raisonnée, conciliant innovation technologique, performance et durabilité.






L’économie circulaire : un axe stratégique pour l’Institut Henri Fayol
Face aux défis environnementaux et économiques liés à la gestion des ressources, l’économie circulaire s’impose comme une stratégie incontournable pour repenser les modes de production et de consommation. Fondée sur des principes tels que la sobriété, le réemploi, le recyclage et l’écologie industrielle territoriale (EIT), elle appelle à des transformations profondes, tant technologiques que sociales et réglementaires.
L’Institut Henri Fayol de Mines Saint-Étienne s’engage activement dans ce domaine à travers une approche interdisciplinaire combinant ingénierie environnementale et sciences de gestion.
En ingénierie, l’Institut développe des outils et méthodes pour évaluer, planifier et piloter des solutions territoriales durables, notamment en matière de valorisation des déchets-ressources et d’évaluation de la soutenabilité des pratiques. Ces travaux s’appuient sur la plateforme Territoire, qui propose des systèmes d’aide à la décision adaptés à des problématiques multi-échelle et multi-acteurs.
En sciences de gestion, les recherches portent sur les synergies entre économie circulaire et innovation durable, avec l’ambition de concevoir des modèles combinant performance économique et efficacité environnementale. L’Institut s’intéresse également aux dynamiques d’interaction entre parties prenantes — entreprises, autorités publiques, société civile — dans une logique de gouvernance partagée.









