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Thèse préparée par Fredy Djondo

Titre : Vers une ville résiliente : comment identifier les indicateurs clés de résilience du bâti face au changement climatique ? 

Début de thèse : 01/10/2025
Fin de thèse :
30/09/2028

Résumé :

Les rapports successifs du GIEC alertent sur le réchauffement climatique et ses conséquences pour les systèmes humains (technosphère) et naturels (biosphère) de notre planète (IPCC, 2018). Le changement climatique intensifie non seulement la fréquence, mais aussi l’ampleur des aléas naturels (Masson-Delmotte et al., 2021 ; ONERC, 2022), comme l’illustrent tristement les récentes inondations à Givors en France et à Valence en Espagne, qui ont lourdement impacté les populations, les infrastructures et les activités économiques locales. Parallèlement, l’urbanisation et le métropolisation croissantes entraînent une artificialisation accrue des territoires (Agreste, 2022), augmentant ainsi les risques et enjeux.
Dans ce contexte, les villes, qui concentrent une grande diversité d’activités humaines et d’infrastructures, sont exposées à des aléas de plus en plus marqués et à des niveaux de vulnérabilité toujours plus élevés. Face à cette réalité, les cadres d’action des Nations Unies, tels que ceux d’Hyogo et de Sendai, appellent à intégrer plus systématiquement l’évaluation des risques dans la planification et la gestion urbaines, notamment dans les zones densément peuplées et en forte croissance (UNISDR, 2005, 2015). Comprendre les impacts de ces phénomènes sur les structures et les populations est devenu crucial pour atténuer les facteurs de risque et renforcer la résilience de nos villes.
De nombreux travaux de caractérisation et/ou de représentation spatiale de la vulnérabilité, du risque ou de la résilience des bâtis, des infrastructures, ou des résidents eux-mêmes face aux différents aléas naturels ont été menées lors de ces dernières décennies. Ainsi ce n’est pas moins de 198 articles qui ont été publiés entre 1997 et 2022 (Luo et al., 2023) sur les sujets liés au risque de glissement de terrain ; 2589 sur la vulnérabilité aux inondations dans les pays en développement entre 2010 et 2020 (Membele et al., 2022), et plus de 3900, entre 1996 et 2022, sur la résilience urbaine faceaux inondations (Prashar et al., 2023). Ces travaux de caractérisation et/ou de représentation s’appuient généralement sur des aspects physiques et/ou socio-économiques. Toutefois, et malgré cette volumétrie de travaux, il est constaté un manque d’études permettant de compiler ces critères en un seul indice et ce afin de fournir une vision holistique du problème (Roldán-Valcarce et al., 2023).
En parallèle, l’échelle d’analyse et de caractérisation des risques se limite majoritairement à des niveaux macro (territoire) mettant de côté la question de la descente d’échelle et donc la territorialisation à maille fine de la résilience. Par exemple, pour les inondations, les études se focalisent souvent sur des bassins versants ou au mieux à l’échelle métropolitaine (de Moel et al., 2015). Au niveau des acteurs institutionnels et du monde économique de nombreux outils ont été développés afin d’accompagner la décision et l’action. A ce titre nous pouvons citer :

  • Des cartes d’aléa naturel à des mailles plus ou moins larges ;
  • Des outils ou des démarches caractérisant automatiquement la vulnérabilité mais à des échelles méso voir nationale ;
  • Des outils pour réaliser un autodiagnostic individuel de vulnérabilité de son habitation à ces aléas.

Pour autant aucun de ses outils ne propose de réponse adéquate permettant la caractérisation à maille fine (adresse) et à large échelle (EPCI) du niveau de risque/résilience/vulnérabilité des bâtiments face aux risques climatiques. En effet si certaines caractérisations automatiques faite à l’échelle de la ville voire du quartier existe aucune analyse n’est menée au niveau des bâtiments exceptées dans le cas d’autodiagnostics individuels réalisés au cas par cas par les habitants ou les professionnels de l’immobilier.
En parallèle et concernant la vulnérabilité individuelle et sociale, celle-ci reste approximative (échelle statistique) ou issue de campagne de recensement ponctuels. Il en résulte en l’état des connaissances, aussi bien scientifiques qu’issues de l’opérationnel, qu’il n’existe pas de méthode permettant d’obtenir instantanément et globalement une vision de la vulnérabilité/résilience d’un territoire face aux aléas et changements climatiques à la granularité du bâtiment.
Dans un premier temps, Il s’agira de rechercher des indicateurs aussi bien physiques, sociaux, individuels permettant de caractériser la résilience du bâti face à différents types d’aléas naturels (avec une attention particulière portée à l’aléa inondation (avec toutefois, une attention particulière portée à l’aléa inondation). Cette première phase s’appuiera sur une recherche bibliographique de la littérature scientifique et « grise », sur un benchmark de différents outils d’autodiagnostics, sur des échanges avec des acteurs du secteur (Bureaux d’études, cabinet d’urbanismes, etc…). L’identification des indicateurs sera facilitée par une représentation systémique de l’objet « bâti » confronté à des aléas naturels.
Parallèlement, une identification des différentes bases de données spatiale (bases INSEE, IMOPE, données foncières, …), contenant des informations permettant d’évaluer ces indicateurs sera menée. Dans un deuxième temps, des procédures d’évaluation des indicateurs à l’aide des informations de ces bases de données seront formalisées (par exemple comment exploiter les données INSEE pour les attribuer à un bâtiment). Enfin ces indicateurs seront agencés en un ou plusieurs critères rendant compte de la résilience des bâtiments du territoire. Il s’agira de choisir une méthode d’analyse multicritères, de définir la notation/pondération, de mener une étude de sensibilité… Enfin, cette méthode sera testée sur un ou plusieurs territoires d’étude et les résultats discutés avec les parties prenantes concernées.

Mots clés : Bâti, Résilience, Inondation, changement climatique, Indicateurs

Date de soutenance prévue : Décembre 2028

Encadrement :

  • Directeur de thèse : Jonathan Villot, Mines de Saint-Etienne.
  • Encadrant : Eric Piatyszek, Mines de Saint-Etienne. 

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Objectifs de développement durable concernés :

 

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