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Nicolas Robbe en lice pour le Prix de la Fondation Mines-Télécom 2026

Nicolas Robbe Prix Fondation IMT

Dans un mois, la cérémonie de remise des Prix de la Fondation Mines-Télécom aura lieu à Paris. Parmi les candidats, deux élèves de Mines Saint-Étienne se distinguent. Nous avons déjà consacré un article à Catarina Heimlich (ICM) et c’est le tour de Nicolas Robbe (SEE), jeune ingénieur passionné d’électronique et d’astronomie, en lice pour le Prix du meilleur apprentissage. Issu d’un DUT en Génie Électrique et Informatique Industrielle (GEII), il a intégré Mines Saint-Etienne en 2022 pour suivre la formation Ingénieur de Spécialité Systèmes électroniques embarqués (SEE) en partenariat avec l’ISTP et aujourd’hui, il répond à nos questions !

☝️ Peux-tu nous parler de ton apprentissage ?
J’ai suivi mon cursus ingénieur en apprentissage, donc en étudiant à Saint-Étienne la moitié du temps, et en travaillant chez Thales en région parisienne l’autre moitié du temps.
Chez Thales, j’ai travaillé dans le service des Produits de RadioNavigation, spécialisé dans la conception d’équipements radar et radio pour la navigation aéronautique, pour les marchés civils et militaires.
Ma mission : concevoir un démonstrateur technique de radioaltimètre miniaturisé, destiné aux drones de petite taille. Un radioaltimètre, c’est un radar embarqué sur un aéronef, qui mesure sa hauteur par rapport au sol en émettant une onde radio vers celui-ci, et en mesurant le temps qu’elle met à se propager entre l’aéronef et le sol.


Cet apprentissage m’a beaucoup apporté sur plusieurs points :

  • D’abord, en termes de compétences techniques, j’ai beaucoup progressé en électronique, développement embarqué, radio, physique, traitement du signal…
  • Mais j’ai aussi découvert le monde de l’entreprise et ses particularités, le suivi d’un projet technique ambitieux, le travail en bureau d’études et en laboratoire…
  • Enfin, et parce que c’est un élément important, l’apprentissage m’a également permis de prendre mon indépendance financière.

D’un autre côté, pour Thales et en particulier pour mon service, mon apprentissage a d’abord permis de réaliser dans le détail un état de l’art technologique, et de mettre à jour leurs connaissances du point de vue « technique » comme du point de vue « connaissance du marché ».
J’ai aussi été le premier dans mon service à adopter une méthodologie « Model-Based Design », et grâce à mon retour d’expérience, plusieurs de mes collègues ont à leur tour appliqué cette méthodologie sur leurs projets.

À terme, si mon prototype est décliné en produit industrialisable, il pourrait permettre à Thales de compléter sa gamme de radioaltimètres et d’entrer sur de nouveaux marchés.

☝️Comment Mines Saint-Étienne t’a préparée à ce stage ?
Les thématiques techniques que j’abordais en entreprise n’étaient que rarement synchronisées avec ce que j’apprenais à l’école. Cela s’est quand même produit, comme lors de mes cours de traitement du signal. À certains moments, la partie « académique » arrivait avant la partie « pratique », mais dans la situation inverse, j’ai aussi appris à m’autoformer et à monter en compétences de mon côté… C’était donc un exercice d’adaptation !
En revanche, beaucoup d’éléments de gestion de projets vus en début de formation m’ont été très utiles tout de suite, car je menais un projet « tout neuf » sur lequel tout était à faire.

☝️Si tu l’emportes, qu’est-ce que le Prix de La Fondation Mines-Télécom va t’apporter ?
Gagner le prix du meilleur apprentissage, ce serait un peu la consécration après ces trois années d’investissement ! À moins de l’avoir vécu, il est difficile d’imaginer à quel point l’apprentissage peut être intense en termes de rythme, d’organisation et de mode de vie.
Si je suis fier de ce que j’ai pu faire pendant mon apprentissage, je suis le premier à croire que ma réussite n’est pas qu’individuelle, mais que c’est celle d’un groupe entier : mon maître d’apprentissage, mes collègues, mon tuteur académique, mes enseignants…
Gagner ce prix, ce serait donc saluer l’engagement de tous ces gens, sans qui je n’en serais jamais arrivé là !

☝️Où en est ta carrière depuis la fin de ce stage ?
Suite à mon apprentissage, j’ai déjà fait mon stage de fin d’études à l’Agence Spatiale Européenne, l’ESA, aux Pays-Bas. Là-bas, en plus d’avoir roulé plusieurs milliers de kilomètres à vélo, j’ai travaillé sur les télécommunications pour la mission Celeste. J’y ai rencontré des gens venant de toute l’Europe, et j’ai signé mon premier article scientifique en tant que co-auteur !
À mon retour en France, pour la suite de mon parcours, j’ai décidé de changer d’échelle, en rejoignant TrustComs, une petite entreprise spécialisée dans la conception de systèmes de lutte anti-drones. Mes activités y sont très variées : je passe de la R&D bureau d’études, à la validation des équipements sur la chaîne de production, et au terrain pour rencontrer les clients, superviser l’installation des équipements, former des opérateurs…
C’est une expérience très riche, et très complémentaire à ce que j’ai vécu tout au long de mes études.

🏆 Nous remercions Nicolas Robbe pour les réponses à nos questions et le félicitons pour ce début de carrière exemplaire ! Nous suivrons les résultats des Prix de la Fondation Mines-Télécom de près et d’ici là, nous croisons les doigts pour que le parcours de Nicolas soit récompensé !