Diplômée ISMIN en 2022, Inès Ben Amor est aujourd’hui à la tête de la start-up Luna for Health, une application qui permet d’orienter les femmes vers le bon parcours de soin.
Soutenue par notre incubateur TEAM, Inès vient d’inaugurer le deuxième centre médical Luna à Marseille, aux côtés des chirurgiens gynécologues Jean-Philippe Estrade, Brice Gurriet, et Bertrand Gachon. De l’application mobile au cabinet médical dédiée à la santé des femmes, Inès Ben Amor nous fait part de son parcours, de son engagement et de ses futurs ambitieux projets.
👉 Peux-tu nous parler de Luna for Health ?
Luna for Health est née d’un constat assez simple : aujourd’hui, des millions de femmes vivent avec des symptômes liés à leur cycle, dont l’endométriose, sans être orientées correctement dans le système de soins. On a donc construit une application qui permet à la fois d’évaluer ses symptômes, d’être accompagnée par des professionnels de santé, et surtout d’être orientée vers les bons parcours — diagnostic, imagerie, suivi.
Notre objectif n’est pas juste d’informer, mais vraiment d’aider à passer à l’action.
Aujourd’hui, Luna a permis de confirmer le diagnostic de plus de 80 000 femmes en France. On est également déployés dans une trentaine d’entreprises, à Aix-Marseille Université, et dans plus de 360 pharmacies partout en France. On travaille de plus en plus avec les employeurs, parce que la santé des femmes reste encore largement invisibilisée dans le monde du travail, alors même qu’elle a un impact direct sur la performance, l’engagement et l’égalité professionnelle.
👉 Quel a été ton déclic pour t’intéresser à la santé des femmes ?
Le vrai déclic, ça a été ma rencontre avec le Dr Jean-Philippe Estrade, chirurgien spécialisé dans l’endométriose et aujourd’hui cofondateur de Luna. À travers lui, j’ai découvert la réalité des parcours de soins : des années d’errance médicale, des douleurs très fortes, des patientes qui ne sont pas écoutées ou mal orientées.
C’est quelque chose qu’on ne mesure pas tant qu’on n’y est pas confronté de près.
En parallèle, avec mon background en IA, j’ai aussi réalisé à quel point ces sujets étaient peu structurés d’un point de vue data, alors même qu’il y avait énormément de signaux à capter.
C’est vraiment à l’intersection des deux que Luna est née : d’un côté une réalité médicale très concrète, et de l’autre une conviction forte que la technologie pouvait aider à mieux orienter, objectiver et accélérer les parcours de soins. Et très vite, j’ai compris que le sujet dépassait largement le médical — c’est aussi un enjeu social, professionnel, et même politique.
👉 Comment TEAM t’a accompagné dans le développement de ta start-up ?
TEAM m’a surtout apporté un accompagnement très humain.
Au-delà des dispositifs, ce qui a vraiment compté, ce sont les conversations, la qualité des échanges, et le fait d’avoir des personnes à qui parler à des moments clés. L’entrepreneuriat peut être assez solitaire, et avoir en face de soi des gens qui comprennent, qui écoutent, qui challengent aussi, ça fait une vraie différence.
C’est presque un rôle de “psy de l’entrepreneur” par moments — avec en plus des conseils concrets, issus de vraies expériences. Cette relation de confiance et ce soutien ont été précieux, surtout dans les phases où tout est encore incertain.
👉 Aix-en-Provence, maintenant Marseille, quelle est la prochaine étape pour Luna for Health ?
On est clairement en train de changer d’échelle.
Après avoir beaucoup travaillé sur le produit, on déploie maintenant des lieux physiques avec les Centres Luna, pour créer des parcours de soins plus fluides et coordonnés. Marseille est une étape importante, mais ce n’est que le début. En parallèle, on accélère fortement sur le déploiement en entreprise, avec une vraie demande de la part des employeurs. On cherche aujourd’hui à se déployer dans encore plus d’entreprises, pour intégrer concrètement ces sujets dans les politiques RH.
Et à l’international, on vient de franchir un cap important : on est lauréats d’un appel à projets mondial de l’UNICEF. Cela va nous permettre de déployer Luna en Afrique dès l’année prochaine, notamment en Tunisie et au Maroc. L’ambition reste la même : faire en sorte que des millions de femmes puissent accéder plus rapidement à un diagnostic et à un parcours de soins adapté.
A Mines Saint-Étienne, nous sommes fiers des réussites de nos anciens élèves qui s’engagent pour un avenir meilleur et nous allons suivre de près le développement de Luna for Health. Inès Ben Amor est un exemple pour les futurs ingénieurs et ingénieures aux projets entrepreneuriaux ambitieux. Nous félicitions Inès pour ce projet et remercions Marie Breziski, Responsable Relations Industrielles et Entrepreneuriat, pour le suivi et la mise en valeur des projets suivis par TEAM.
👉 Pour plus d’informations sur l’ouverture du centre marseillais Luna, c’est ici :
https://madeinmarseille.net/actualite/198270-nouveau-centre-dedie-sante-femmes-marseille/