PANORAMINES

Les conséquences invisibles du handicap : comment l’ingénierie peut aider les personnes invalides ?

felix Gretarsson

A l’occasion de la Journée Handi’Tech organisée par la Mission diversité de Mines Saint-Étienne, l’École a accueilli Felix Gretarsson, premier patient au monde à avoir bénéficié d’une greffe bilatérale de membres supérieurs.

Un moment d’émotion et d’écoute pour les élèves et le personnel présents dans l’amphithéâtre.

Felix Gretasson est d’origine islandaise. En 1998, il subit un grave accident électrique qui entraîne l’amputation de ses deux bras. Son dos est également cassé et son foie touché mais Felix explique que ces traumatismes ne sont pas la partie la plus difficile de son accident. Les conséquences de son handicap, celles qui sont invisibles aux yeux des valides, sont les plus douloureuses.

« Quel genre de père ne peut plus prendre ses filles dans ses bras ? »

Se brosser les dents, s’occuper de ses enfants, cuisiner, les tâches quotidiennes deviennent impossibles à réaliser sans aide. Felix Gretarsson veut sensibiliser à ses difficultés que l’on ne voit pas et qui nécessitent un réel travail d’accessibilité et modularité du quotidien de la part des pouvoirs publics. Sa venue à Mines Saint-Étienne est une manière d’encourager les ingénieurs de demain à prendre en compte la dimension invisible de l’invalidité.

Après des années à sombrer dans l’alcool, Felix décide de reprendre sa vie en main.  Il apprend que des greffes de main ont été réalisées à Lyon, en Chine et aux Etats-Unis. Il contacte le Dr Dubernard à l’Hôpital Edouard Herriot et entame 14 ans de soin à ses côtés.

En 2021, 23 ans après son accident, le Dr Dubernard opère Felix qui se réveille avec de nouveaux bras. Le patient transplanté peut à nouveau s’habiller, travailler et prendre ses enfants dans ses bras. Ses nerfs repoussent plus rapidement que prévu, il leur faut 9 mois pour atteindre ses mains. Felix précise à quel point cette repousse était douloureuse.  

Ce fut un tournant pour l’Hôpital Edouard Herriot qui a risqué sa réputation en soignant Felix Gretarsson et qui a accepté, à partir de son opération, de prendre en charge d’autres futurs transplantés.

Aujourd’hui, Felix Gretarsson sensibilise aux conséquences invisibles de l’invalidité. Il accompagne les personnes atteintes de handicap pour que les maisons, les parkings, les lieux publics soit adaptés et que cela soit la norme. Pour se représenter les difficultés de son handicap, il a proposé au public de s’imaginer une journée complète les mains dans les poches où tout devient compliqué.

La raison de sa venue à Mines Saint-Étienne est d’interpeller les ingénieurs de demain au sujet de l’invalidité. Il ne s’agit pas que d’accessibilité ou de mobilité mais également du regard social sur le handicap. Il dénonce que la société se concentre sur la blessure visible, plus que sur les conséquences invisibles que çela implique.

deux personnes invalides parlent de leur parcours

Mines Saint-Étienne remercie l’équipe organisatrice de cette journée d’inclusion et de prise de parole: Hélène Pangot, Julie Jaffre et Carole Claudinon. Nous remercions également tous les intervenants venus partager leur expertise sur l’invalidité ainsi que les participants qui ont donné de leur temps et témoigner auprès des élèves.