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Transition énergétique : vents défavorables pour l’éolien allemand

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Alors que le secteur couvrait plus du tiers de la production nette totale d’électricité de l’Allemagne en mars 2019, l’éolien dans le pays est aujourd’hui en crise. La faute à l’amendement de la loi énergétique allemande en 2016, en plus d’une fronde populaire grandissante anti-éolien. Le point sur la crise de l’éolien allemand avec Mines Saint-Etienne. 

Éolien : les raisons d’un déclin annoncé

L’entrée en vigueur du nouveau mode de rémunération des capitaux investis en éolien conduit, lentement mais sûrement, le secteur à l’effondrement outre-Rhin. À partir de 2021 et tout au long des années 2020, de nombreuses éoliennes, installations photovoltaïques solaires et installations de biogaz pionnières en Allemagne cesseront de recevoir des tarifs de rachat fixes, ou « revenus garantis » sur des durées de 15 à 20 ans prévus dans la loi énergétique allemande (EEG). L’amendement de la EEG, qui a supprimé les revenus garantis, jugés trop lourds pour le contribuable (à la grande déception des industriels), à la faveur d’un système de mise en concurrence via des appels d’offres, signifie que de nombreux gigawatts de capacité en énergie renouvelable seront perdus. Car pour les industriels, il n’y a plus grand intérêt à investir dans le secteur si les tarifs de rachat ne sont plus garantis, d’autant plus que la concurrence étrangère fait rage. Quelques mois après l’amendement de la EEG en 2016, 26 000 emplois ont été supprimé dans l’éolien selon les chiffres révélés par le Bundestag (le parlement national allemand).

Ajoutons à cela le facteur social, à savoir le rejet grandissant de la population allemande des incidences écologiques et humaines de la technologie éolienne, qui retarde les délais de réalisation des projets. Aujourd’hui, on compte plus de 600 initiatives citoyennes contre les nouvelles installations de parcs éoliens dans le pays. 

Éolien allemand, des faits et des chiffres  

Il faut savoir que, jusqu’au ralentissement drastique des installations en 2018, l’Allemagne a longtemps dominé le classement européen des éoliennes terrestres. Avec une expansion brute d’environ 5 300 mégawatts (MW), l’année 2017 a connu la plus forte croissance de capacité jamais enregistrée outre-Rhin. L’expansion s’est ralentie de plus de moitié en 2018, pour s’établir à seulement 2 402 MW et est tombée à son plus bas niveau en près de 20 ans au premier semestre de 2019, date à laquelle seuls 287 MW ont été ajoutés.

Jusqu’à tout récemment, l’Allemagne privilégiait l’éolien pour deux raisons principales : la majeure partie du pays n’était pas réputée pour son ensoleillement abondant et les entreprises du secteur de l’énergie n’avaient pas à changer leur modèle économique pour les grands parcs éoliens, par opposition à une multitude d’installations solaires plus petites. Par conséquent, en 2018, selon BloombergNEF, environ 17 % de l’énergie allemande provenait de l’énergie éolienne et seulement 7 % de l’énergie solaire. Selon l’Agence internationale des énergies renouvelables, l’Allemagne représentait 29 % des exportations mondiales de technologies et d’équipements dans l’éolien et à peine 5 % dans l’énergie solaire. Et l’année dernière, l’industrie éolienne employait près de 141 000 personnes en Allemagne, contre moins de 30 000 pour l’industrie solaire.

Le solaire prend le pas sur l’éolien

Selon une étude réalisée en 2018 par l’Institut Fraunhofer pour les systèmes d’énergie solaire, le coût de la production d’énergie solaire diminuera plus rapidement au cours des 17 prochaines années par rapport au coût de l’énergie éolienne. En 2035, les installations photovoltaïques du sud de l’Allemagne, où l’ensoleillement est plus important, produiront une énergie nettement moins chère que tout autre type d’installation. Et même dans le nord de l’Allemagne, moins ensoleillé, l’énergie solaire produite par des installations de taille industrielle sera à peu près aussi bon marché que l’éolien terrestre.

Les prédictions en Allemagne sont parfaitement en phase avec la tendance mondiale actuelle : le coût moyen mondial de production d’énergie solaire a diminué de 77 % entre 2010 et 2018, par rapport à une baisse de 35 % pour l’éolien terrestre sur la même période. Les progrès technologiques sont à l’origine de la réduction des coûts de l’énergie solaire. La baisse des prix des panneaux solaires a récemment ralenti, mais à long terme, le marché potentiel, et donc les économies d’échelle potentielles, semblent plus importants pour le solaire que pour l’éolien. On peut installer un panneau solaire sur chaque toit s’il est suffisamment bon marché, mais les éoliennes ont besoin de beaucoup plus d’espace.

Un sommet pour sauver l’éolien allemand 

Jeudi 5 septembre 2019, le ministre allemand de l’économie, Peter Altmaier, convoquait pour une réunion à huis clos une cinquantaine de personnalités, dont des chefs d’entreprises, des experts, des militants écologistes et des élus régionaux pour tenter de sauver l’énergie éolienne en Allemagne. C’était en tout cas l’ambition annoncée du « sommet de l’énergie éolienne » à Berlin : sauver le secteur qui vacille depuis un an.

Le défi principal est de contrer le ralentissement de la construction des éoliennes terrestres, comme le reconnaît volontiers M. Altmaier, chiffres à l’appui. En 2018, 743 éoliennes terrestres ont été construites au pays, contre presque 1 800 unités en 2017. En 2019, le constat est encore plus alarmant : seules 86 éoliennes ont été construites durant les six premiers mois de l’année. Selon la fédération allemande de l’éolien (EBW), le nombre de nouvelles turbines installées dans le pays a reculé de 82 % depuis le début de l’année. Achim Derks, directeur général adjoint de la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK), a déclaré à ce propos : « pour ce qui est de l’expansion de l’éolien terrestre, l’Allemagne est passée de la voie de gauche à la bande d’arrêt d’urgence. »

Pourtant, les ambitions allemandes en matière d’énergie renouvelable ont été fortement saluées, d’autant plus que le pays souhaitait se débarrasser du nucléaire et du charbon, jugé trop polluant. Le pays compte en effet fermer sa dernière centrale nucléaire à l’horizon 2022 et arrêter l’exploitation du charbon d’ici 2038. Pour cela, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique outre-Rhin devra représenter 65 % de la production d’électricité, contre 40 % actuellement.

Pleinement consciente des enjeux la transition énergétique, Mines Saint Etienne propose une formation « Ingénieur Valorisation Energétique », qui répond aux besoins d’optimisation énergétique des infrastructures industrielles.

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